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peinture : une quête du vif. Quand je me rends compte de mes erreurs, j'aurais aimé me tromper sur le coup dans mes certitudes de sorte que ce que je pense être faux soit en réalité juste.

29 Mar

1ère partie : Judas / La Cène, 1648, Philippe de Champaigne, Lyon

Publié par Becker Marie-Jeanne  - Catégories :  #Philippe de Champaigne, #XVIIème siècle, #Cène

1ère partie : Judas / La Cène, 1648, Philippe de Champaigne, Lyon

1ère partie : Judas

La Cène 1648 Philippe de Champaigne 1602 1674, Lyon

En 1648 Philippe de Champaigne est un artiste accomplit; installé à Paris il s'efforce à vivre avec son temps tant au niveau historique à travers des portraits, qu'au niveau spirituelle en entrant au contact du jansénisme ( prônant le salut par la grâce et n'obéissant pas au Saint-Siège papale jugé trop puissant ) et de l'Ordre contemplatif des Chartreux.

Il s''inspira de modèle italien entre autres pour sa composition, mais la manière dont il met en avant la figure de Judas, le traître est vraiment audacieuse.

Il se trouve au premier plan, sous une sorte de projecteur comme l'apôtre de droite ( de dos celui-ci permet au spectateur de se plonger à l'intérieur du cadre, son doigt pointé vers le Christ, indique le geste clé de celui-ci bénissant le pain ). Ils sont tous deux dans une position opposée, symbolisant l'ambivalence des comportements, de plus cela maintien l'harmonie clairement hiérarchisée.

Sa posture, les deux mains sur les hanches est assez vulgaire, de surcroît il froisse la nappe avec son coude. Judas est reconnaissable d'entre les apôtres car il tient le bourse aux trente deniers. Cet attribut lui revient depuis la Renaissance, cependant auparavant les primitifs le dépeignaient littéralement comme celui qui mange le pain de la main de Jésus.

Matthieu 26.17-25 et Marc 14.12-21 " Celui qui a trempé avec moi son pain dans le plat, c'est lui qui me trahira."

Souvent il était mis à part, isolé du reste des convives ou bien il était le seul a ne pas être couronné d'une auréole. Ou bien parfois la couleur rousse de sa chevelure lui donnait un air diabolique selon les préjugés de l'époque, si on observe bien ici, l'artiste a aussi utilisé cet artifice pour le différencier!

Ce qui est troublant, outre l'attitude hautaine se dégageant de Judas, c'est que l'apôtre à ses côtés est le dédoublement de son profil. Leur visage est empreint d'une expression assez similaire. Le message de Philippe de Champaigne est fort : n'importe quel autre disciple aurait pu porter le rôle de Judas, la limite entre innocence et culpabilité devient ténue.

Cette draperie jaune ocre-bleu pâle est également l'habit de Joseph, le mari de la Vierge Marie dans les peintures de l'artiste. Ce paramètre reste fixe dans ses trois Cène et on peut se demander quel lien a entraperçut Philippe de Champaigne entre eux deux?

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Eric GRUNDMANN 20/02/2020 08:43

J'ai arrêté ma lecture au deuxième paragraphe. Vous prétendez animer une rubrique culturelle : commencez par soigner votre orthographe et votre ponctuation. Désolé, mais c'est tout de même le premier respect dû aux lecteurs à qui vous vous adressez.

À propos

peinture : une quête du vif. Quand je me rends compte de mes erreurs, j'aurais aimé me tromper sur le coup dans mes certitudes de sorte que ce que je pense être faux soit en réalité juste.